Humeurs

Discours sur le Yoga : vive la simplicité et la spontanéité !

Encore une fois, je reçois un mailing pour un stage de yoga avec un message du style « comment accroître votre lumière intérieure » suivi d’un discours alambiqué où ça parle de « renouveau« , de « renaissance« , de « restauration de l’énergie vitale » , de « joie profonde« …  Des comme ça, j’en vois des tonnes défiler dans ma boîte mail et dans mon flux Facebook. Et franchement, je commence à saturer !

Je suis peut-être une grande sceptique, peut-être aussi que là où j’ai appris le yoga – essentiellement chez Gérard Arnaud et puis lors de ma formation à Big Apple Yoga (Evolution, Freedom & Voice) puis auprès des différents professeurs que j’ai rencontrés, je n’ai jamais été habituée à cette novlangue new age.

Ces discours ne me parlent pas, ils ont plutôt tendance à me repousser et à m’inviter à la suspicion. Surtout quand le professeur déploie un témoignage personnel du style « Oui, moi aussi avant, j’étais fatigué et stressé tout le temps et grâce au yoga, je suis pleinement serein, épanoui à 100% , etc. »

Oui, le Yoga a son jargon, vaste et complexe. Oui, il est issu de traditions ancestrales qui peuvent sembler absconses pour des occidentaux.

Et oui, aussi, sur la vingtaine d’ateliers qui ont lieu à Paris chaque semaine, il faut bien se démarquer – j’ai beau ne plus enseigner, je sais bien que c’est un peu la loi de la jungle.

Le yoga apporte beaucoup. Il m’a apporté et m’apporte beaucoup, aussi bien sur le plan de la pratique que philosophiquement. Le travail du souffle, la méditation ou les mantras m’apaisent ou me donnent de l’énergie selon les besoins. Et je suis convaincue que ses bienfaits sont multiples et accessibles à tous.Il existe même un certain consensus scientifique sur ses vertus contre le stress et l’anxiété – à condition de pratiquer régulièrement.

Mais pourquoi partir dans ce type d’argumentations nébuleuses (sinon fumeuses) ? Pourquoi rejoindre immédiatement de hautes sphères perchées je ne sais pas trop où ? Pourquoi affirmer que le Yoga a été non pas seulement un facteur de changement (en bien) mais une sorte de panacée contre tous les maux d’aujourd’hui ? Pourquoi « vendre » des promesses parfois tirées par les cheveux alors que la plupart des gens ont juste envie de prendre soin d’eux, de s’accorder du temps, de profiter d’une pratique bienfaisante pour le corps et l’esprit et de se retrouver dans une ambiance bienveillante et où le jugement n’a pas lieu d’être ? Je n’y peux rien, je demeure réfractaire à ce genre de mysticisme.

Il y a tellement de manières belles, simples, accessibles et contemporaines de communiquer sur le Yoga. Beaucoup de (plus ou moins) jeunes professeurs, tout aussi compétents, généreux et humains le font avec talent sur les réseaux sociaux. Ils montrent l’image d’un yoga moderne, vivant, enthousiaste. Ils ne prétendent pas eux-mêmes à une forme de perfection et certains, ce que j’apprécie, revendiquent parfois leurs moments de doute, de fragilité ou de fatigue. Ils ont cette petite lumière en plus qui font d’eux de bons professeurs mais ils ont aussi cette modestie et cette sincérité qui font qu’ils s’imposent davantage comme des passeurs que comme des guides.

Je n’ai rien – au contraire, contre les formulations anglophones. D’une part, parce que beaucoup ont suivi des formations anglo-saxonnes, d’autre part, parce que certains termes se prêtent mieux (trouvez moi, par exemple, un bel équivalent de « flow » en français !) et puis aussi parce que c’est souvent plus ludique et fun.

Rien n’ont plus pour l’usage dans une certaine mesure, d’un jargon – chaque discipline a la sienne, c’est bien normal ! Ou le respect de certaines traditions lors par exemple des équinoxes, solstices, nouvelles ou pleines lunes. C’est même plutôt joli.

Ni enfin, contre certaines allégations : se détendre, s’amuser, changer de perspective, gagner en confiance, etc. Ni même certains discours sur le selfcare  qui demeurent intrinsèquement liés à la pratique si tant est qu’ils ne se perdent pas en conjectures et qu’ils restent sincère.

Je n’ai strictement aucun conseil à vous donner quant au choix d’un professeur de Yoga mais pour ma part, je préfèrerais toujours ceux et celles qui pétillent, ressentent, vivent à ceux qui se posent en guides vers une « lumière » – malgré leur austérité et leur froideur d’ailleurs et délivrent des messages pré-calibrés emprunts d’un mysticisme déplaisant…

6 Comment

  1. Mais pourquoi le mysticisme serait déplaisant ? A chacun son approche. Personne n’impose sa vision mais libre à chacun de la développer et de la diffuser. Certains seront attirés, d’autres pas. Où est le problème ? Un peu d’ouverture et de liberté d’esprit !

    1. Céline, ceci est un blog, ce que j’écris n’engage que moi. Je ne cherche pas à imposer ma vision. À chacun de faire son expérience et d’aller vers là où bon lui semble

      1. Pardon mais je trouve votre point de vue un peu étroit, très parisien. Votre texte est critique, ok, mais on dirait que vous n’aimez pas ce que vous ne pouvez pas saisir. En ce qui me concerne, je ne vois pas en quoi le « mysticisme est déplaisant », les traditions ancestrales ne me paraissent pas abscones, bien au contraire. « Restaurer l’énergie vitale », c’est ce que proposent certains enseignements indiens, alors oui c’est moins fun et léger que le « flow » ou le « bliss » anglo-saxons. Il n’en demeure pas moins qu’en anglais, en sanskrit ou en français, le yoga parle le langage de l’invisible, de la grâce. Mais en anglais, peut être que cela effraie moins. Ceci est une réponse à un article de blog et n’engage que moi.

        1. Je n’aime pas ce que je ne peux pas saisir ? Pardon mais j’ai étudié le Yoga et je continue de la faire. Ce sont des concepts que je manie, je pense, correctement. Ne m’attaquez pas sur mon incompétence, je pense que ce n’est pas le sujet de cet article. Ai-je dis que j’avais quelque chose contre les traditions ? Non ! Ai-je fais le moindre reproche à ceux qui apprécient une certaine forme de mysticisme ? Non !
          Votre ton révèle un beau cloisonnement de l’esprit, très peu compatible avec la bienveillance prônée par le yoga. Chacun fait CE QU’IL VEUT , je ne fais que partager mon point de vue, pas pour rentrer dans des querelles de chapelle

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