Bon, ça va, c’est pas mortel…

Je vous en ai déjà un peu parlé mais voilà un article dédié… à mon ventre !

Cela fait des années que je gonfle après les repas, genre les gens me laissent la place dans le métro en croyant que je suis enceinte. J’avais déjà vu des médecins qui n’avaient pas vraiment mis de non là dessus et m’avais prescrit des médocs pour des traitements soit d’attaque, soit de fond sans vraiment de résultats. J’avais, de mon côté, supprimé le gluten et limité les produits laitiers et fait super gaffe à ce que je mange. Il y a eu des hauts et des bas. Des crises de gastrite après la prise de certains antibiotiques. Et puis des douleurs complètement bizarres m’amenant parfois jusqu’aux urgences. Et, depuis plus d’un mois, c’est la crise ! Une pubalgie qui ne trouve pas d’explication, un mal de ventre à pleurer et des ballonnements impressionnant. Consultations sur consultations, bilans sanguins sur échographies et IRM, j’ai passé les dernières semaines le nez dans le guidon des rendez-vous médicaux . Et tout était OK ! Tant mieux vous allez me dire. Oui, mais bon, ça fait mal ! Par acquis de conscience, j’ai vu un gastro-entérologue – je remettais l’échéance, trop la trouille qu’il me trouve un truc grave, qu’il me fasse faire une coloscopie ou un autre examen pas  franchement ragoutant.  Mais non, il a été très rassurant et émis un véritable diagnostic sur mon problème, conforté par un scanner abdomino-pelvien : colopathie fonctionnelle ou syndrome du côlon irritable (cette saloperie a plein de petits noms).

C’est une maladie chronique, sans gravité aucune, mais qui peut engendrer des troubles très divers, intestinaux bien-sûr mais aussi tout un panel de maux. Mal connue ou peut-être mal comprise par le corps médical, elle toucherait près de 10% des gens (ça me semble énorme) , essentiellement des femmes. Et on n’en parle pas vraiment, parce que c’est bien connu, les femmes ne font pas caca, tout comme leurs règles sont bleues…

Dans mon cas, il s’agit d’un type C – C comme coincé, on va dire. Bref, j’ai un alien dans le ventre – et pas tout à fait celui que j’aimerais avoir… Et cet alien est sacrément relou à faire dégager. Les médocs de base ne fonctionnent pas. L’alimentation sans FODMAP fonctionne quand elle a le temps. Et l’alien continue de faire des siennes : mal au ventre, au dos, à la hanche, parfois même jusque dans les genoux, fatigue, anxiété… Je comprends pourquoi le gastro a marqué sur l’ordonnance pour le scanner « colopathie fonctionnelle invalidante »

Le truc pour s’en sortir, n’est à mon sens pas de se bourrer de médocs à vie. Ça aide sur le court terme en cas de crise aiguë mais il faut remonter plus loin pour traiter la cause. Alors bien sûr le stress (reste à savoir par quoi il est causé, parce que franchement dans ma vie tout va bien) mais aussi des causes plus profondes en se référant à des éléments de psychosomatique (tiens à ce sujet, je vous renvoie à la vidéo de Renaître à Soi). Introvertie, et malgré mon côté grande gueule, avec un tempérament à ne pas blesser les gens et à prendre sur moi, autant vous dire que la somatisation, c’est mon truc ! Et il y a bien des choses que j’ai rencontrées au cours de ces dernières années qui semblent, au sens propre comme au figuré, ne pas vouloir passer. Quand on dit me dit que j’ai acculé les merdes…

Je suis contente d’avoir trouvé un gastro qui s’implique, qui ne me dit pas « mais mademoiselle, c’est dans votre tête » et qui cherche des solutions. Mais j’ai aussi du chemin à parcourir pour évacuer ce qui me pollue : yoga, shiatsu, écriture… j’essaie de trouver la bonne voie pour me réconcilier avec mon ventre tout en me tenant aux recommandations du doc : un traitement de fond qui ne crée pas trop d’effets indésirables, une alimentation super étudiée pour limiter les crises (je me fous royalement d’avoir à tirer un trait sur des produits que j’aime bien, c’est juste une question d’habitude), du sport, des séances d’ostéopathie viscérale… Parce que la vie ne doit pas se résumer à être satisfait d’avoir été correctement aux toilettes ou d’avoir passé ne serait-ce que trois heures sans avoir mal ni à prendre un abonnement aux urgences le weekend ! Et surtout plus envie d’entendre : « eh oh, c’est bon, c’est pas mortel comme maladie, ça va … »ou « Oh, c’est bon, tout le monde a mal au ventre »

Sur ce, je vais faire un peu de yoga et me préparer une petite purée de courgettes pour le dîner !

Merci à mon homme de faire preuve d’autant d’écoute et de compréhension – sans lui, j’aurais pété les plombs depuis longtemps, et aux personnes bienveillantes qui m’ont laissé des petits mots sur Twitter et ailleurs.