Syndrome de l’intestin irritable : des pistes pour aller mieux

Je vous ai parlé dernièrement de ma colopathie fonctionnelle. Entre temps, je me suis documentée, j’ai rencontré des spécialistes et échangé sur un groupe Facebook dédié.

Avoir un diagnostic, c’est bien. Se soigner (ou tenter de la faire), c’est mieux.

Voici quelques trucs à faire si vous souffrez du syndrome de l’intestin irritable.

1. Aller voir un gastro-entérologue

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Les généralistes ont plein de qualités mais ils connaissant souvent mal les symptômes et les traitements de fond du SII. Ils vont vous prescrire des traitements d’attaque (laxatifs ou anti-diarrhéique classiques) sans forcément prendre en compte la chronicité de nos problèmes. Et, ils vont vous dire de vous détendre (plus facile à dire qu’à faire). Le gastro-entérologue sera plus à même de vous prendre en charge, de vous faire effectuer les examens ad hoc, histoire de contrôler que vos problèmes sont purement mécaniques: en effet, sans parler de cancer, vous pouvez très bien souffrir du ventre pour d’autres raisons : allergies et intolérances alimentaires (lactose, gluten…), diverticulite, maladie de Crohn, etc…

Et, il vous prescrira un traitement de fond. Même si vous êtes anti-médocs, adeptes du naturel, tentez ce traitement au moins 3 mois pour voir s’il y a des améliorations.

À propos de médicaments, évitez l’automédication pour vos soucis… Certains médicaments en vente libre ont des effets particulièrement néfastes sur les symptômes du SII. Je pense notamment aux anti-acides (les IPP mais aussi et surtout le Gaviscon) qui constipent fortement et ne prenez rien d’autre que ce qui vous est prescrit. Quand vous allez voir votre généraliste pour autre chose, rappelez-lui vos problèmes afin qu’il en tienne compte pour son ordonnance. Et quand vous devez passer par la case antibiotiques, c’est cure de probiotiques obligatoire!

Enfin, votre gastro sera là en cas de crise et saura vous rassurer. Ça évite de traîner sur des forums… Un spécialiste est quand même plus qualifié que Sophie543 de Doctissimo !

2- Testez un régime pauvre en FODMAP

Selon la plupart des gastro, c’est le seul régime qui a fait ses preuves pour atténuer les symptômes du SII. Ne vous contentez pas juste d’éliminer le gluten parce que c’est la mode ou les produits laitiers. Il faut avoir une vision un peu plus large.

FODMAP est un acronyme pour :

F = Fermentescibles (rapidement fermentés par les bactéries du côlon)
O = Oligosaccharides (fructanes et galacto-oligosaccharides ou GOS)
D = Disaccharides (lactose)
M = Monosaccharides (fructose en excès du glucose)
A = And(et)
P = Polyols (sorbitol, mannitol, xylitol et maltitol)

Voici une liste des aliments à éviter :

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Et une de ceux à privilégier :

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Après, cela dépend beaucoup de chacun. Par exemple, moi, je tolère très bien les asperges ou les brocolis et pas du tout les choux-fleurs, les tomates passent assez moyennement et les pommes ne me posent aucun problème, etc.. Testez, de toute façon, votre ventre vous rappellera à l’ordre bien assez tôt…

Il est intéressant (surtout quand on est végétarien ou vegan) de se faire aider par un nutritionniste pour combler d’éventuelles carences.

3- Vérifiez votre posture

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J’ai consulté une ostéopathe spécialisée dans ce qui est de l’ordre du viscéral. Bon, évidemment, il faut travailler sur les organes de la digestion, à commencer par le côlon mais j’ai appris que la posture joue également un rôle crucial dans les symptômes du SII. Alors, essayer de se tenir droit, c’est déjà très bien mais il y a aussi d’autres paramètres à prendre en compte :

  • Vos dents – vous en manque t-il ? Votre mâchoire est-elle équilibrée ? Souffrez-vous de bruxisme ? Un petit tour chez le dentiste et peut-être orthodontiste s’impose.
  • La correction ophtalmique : que vous ayez déjà des lunettes ou non, depuis quand n’êtes vous pas allé chez l’ophtalmo pour faire vérifier votre vue? (à noter pour éviter d’attendre 6 mois : de nombreux opticiens sont formés à vérifier la vue et sont habilités à changer vos verres)
  • Vos semelles : sportifs, vous portez peut-être des semelles orthopédiques suite à une blessure ou des douleurs récurrentes : idem, on les fait vérifier au moins tous les ans.
  • Checkez votre posture à votre poste de travail. Assurez vous d’avoir les deux coudes bien posés sur le bureau quand vous tapez sur votre ordi, etc..
  • À noter : le pilates, le yoga postural, le gyrotonic, le gyrokinesis, la barre au sol… sont fort utiles pour prendre conscience de sa posture et apprendre à la corriger.

Posture et colopathie, c’est un cercle vicieux, car les ballonnements et les douleurs nous font aussi nous tenir bizarrement…

4- Faites du sport

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OK, c’est pas facile de bouger quand on a mal au ventre, que l’on est ballonné, constipé, fatigué… Mais l’activité physique joue un rôle de premier ordre dans le soulagement des troubles. Elle contribue à la motricité du tube digestif, favorise d’élimination des gaz, permet d’activer le diaphragme, de travailler son gainage et de muscler son dos (posture, posture, on a dit) mais aussi, bien sûr, de se défouler et de se détendre. Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès, car trop de sport (genre vraiment trop et en se mettant une pression de dingue) augmente les symptôme.

5- Trouvez un moyen de vous détendre

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Diminuer le stress et l’anxiété est un facteur incontournable. Pour cela, à chacun sa méthode. Méditation, sophrologie, yoga, Gi Gong, Taï Chi, Shiatsu, Reiki, réflexologie, hypnothérapie… Pour moi, ce qui passe par le corps et par le ressenti fonctionne autrement mieux que toute forme de thérapie par la parole. Mais cela est très personnel. À vous de trouver ce qui vous convient le mieux. Notez aussi que ces méthodes sont très utiles pour éviter de tomber dans la dépression, chose très courante quand on souffre d’une maladie chronique…

6-Parlez-en !

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Vivre avec un trouble chronique, c’est hard, frustrant, déprimant. Et beaucoup de gens autour de vous ne comprennent pas pourquoi vous êtes souvent malade, irritable, fatigué ou que vous avez l’air enceinte de 6 mois. Ils vous diront que vous faites votre chochotte, que c’est dans la tête… Résultat, vous en prenez plein la gueule et ça va encore plus mal… Alors, OK, vous allez devoir assumer des conversations pas très glamour mais tant pis, levez les tabous, vous vous sentirez mieux. Et vous contribuerez de surcroît à faire connaître le SII et à permettre à davantage de gens de se faire diagnostiquer et soigner…

7- Ne vous sentez pas coupable

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« Shit happens », vous n’êtes pas responsable de votre maladie. Ce n’est pas obligatoirement parce que vous avez fait une cure de Mac Do il y a dix ans, que vous n’avez pas fait beaucoup de sport ou que parce que vous manquez de telle ou telle qualité ou faculté que vous êtes malade aujourd’hui. Bref, ne culpabilisez pas, c’est encore pire (je l’ai testé pour vous !)

Voilà, j’espère que cela pourra en aider certains. Si vous pensez à autre chose, les commentaires vous sont ouverts !